Le professeur Luc Boudreau participe à un projet d'envergure nationale sur la prévention du cancer
Le cancer demeure la principale cause de décès au Canada, et les taux sont en hausse, notamment chez les populations plus jeunes. On estime que plus de 40 % des Canadiens recevront un diagnostic de cancer au cours de leur vie. Dans ce contexte préoccupant, un investissement majeur en recherche vient toutefois nourrir l’espoir : près de la moitié des cas pourraient être évités grâce à de meilleures stratégies de détection précoce et de prévention.
Le mois dernier, la ministre fédérale de la Santé, l’honorable Marjorie Michel, en collaboration avec les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et le University Health Network (UHN) de Toronto, a annoncé un investissement de plus de 41 millions de dollars en recherche fondamentale sur la prévention du cancer, le plus important financement jamais accordé par les IRSC dans ce domaine.
Parmi les 19 équipes de recherche financées à travers le pays, un projet se distingue particulièrement : CANCER-WISE, dirigé par le chercheur Gustavo Ybazeta de l’Health Sciences North Research Institute à Sudbury, qui reçoit 2 millions de dollars sur cinq ans.
Ce projet novateur, auquel contribue le professeur Luc Boudreau, du Département de chimie et biochimie de l’Université de Moncton, vise à révolutionner les approches de prévention du cancer grâce à l’analyse des eaux usées.
Une approche innovante au service de la prévention
Le projet CANCER-WISE (Cancer Associated Nucleic-acids in Community Environments : Risk detection through Wastewater-based Integrated Surveillance and Epidemiology) repose sur une idée simple mais puissante : utiliser les eaux usées comme source d’information pour détecter précocement des signaux liés au cancer dans une population.
Déjà utilisée pour surveiller des maladies infectieuses comme la COVID-19 ou le virus du papillome humain (VPH), cette méthode permettra désormais d’identifier :
des virus associés au cancer;
des mutations génétiques liées à certains types de cancer;
des microARN, indicateurs biologiques prometteurs.
En croisant ces données avec des facteurs environnementaux (polluants, métaux lourds, etc.), les chercheurs pourront mieux comprendre les risques propres à certaines communautés et adapter les stratégies de prévention.
Une contribution clé de l’Université de Moncton
La participation du professeur Luc Boudreau à cette équipe interdisciplinaire pancanadienne témoigne de l’expertise développée à l’Université de Moncton.
Aux côtés de spécialistes en épidémiologie, en santé publique et en biologie du cancer, son apport contribuera à faire progresser une recherche qui pourrait transformer les pratiques de prévention à l’échelle régionale et nationale.
Des retombées concrètes pour les communautés
Le projet ciblera particulièrement les communautés du Nord de l’Ontario, souvent confrontées à des obstacles en matière d’accès au dépistage et aux soins. En intégrant ces populations dans la recherche, l’équipe souhaite développer des solutions adaptées aux réalités locales et réduire les inégalités en santé.
À terme, cette initiative pourrait permettre de passer d’une approche réactive du cancer à une approche préventive, améliorant ainsi les résultats de santé et la qualité de vie des populations.